Croquis11d

ANALYSE : "Croquis 11d"

Ce dessin n’étant que la reprise de la partie gauche ou droite (comme bon vous semblera) du Croquis 11a, quelle peut être sa raison d’être en ce carnet ? Rassurez-vous, l’auteur ne bégaie pas, même si les redîtes sont inévitables lorsque vous jetez sur le papier les idées qui vous traversent l’esprit. Nous allons simplement sortir momentanément du domaine plastique pour aborder, comme nous l’avons déjà fait avec la Pyramide, celui du symbolique. Mais attention ! Si, au contraire de la profondeur perspective, la psychologie des profondeurs vous donne des boutons, si vous avez détesté le texte intitulé “Psychanalyse du Triangle inclus sous la rubrique “Théorie”, n’allez pas plus loin ! Passez votre chemin ! En revanche, si vous êtes curieux, et que vous n’avez pas honte de votre Oedipe passé, présent ou à revenir : “Bienvenue au club !”

Nous avons donc trois blocs qui par leur taille et leur disposition peuvent évoquer la famille nucléaire. La forme fictive n’est donc plus comptabilisée comme un élément, mais sa situation spatiale et son aspect illusoire vont lui permettre d’incarner l’imaginaire des relations familiales. Les relations spatiales sont donc déterminantes quant à la lecture symbolique de ce trio. En effet, à imaginer son absence, le petit parallélipède se retrouverait au sol, en arrière, loin des colonnes. Sa présence suggère une nouvelle disposition : le petit bloc serait porté dans les airs, fixé à la bande fictive, elle-même fixée à la façade des colonnes. Ainsi, cette figure fictive nous dirait à travers l’ambiguïté de ses relations spatiales qu’un enfant peut tout autant se dresser entre ses parents qui l’élèvent afin de poursuivre sur le mode fantasmatique le triangle oedipien, que rester les pieds sur terre afin d’acquérir le statut adulte qui le voit grandir au fur et à mesure de son éloignement de la cellule familiale.

Voilà, nous en resterons là, ce qui est déjà beaucoup pour un si petit croquis.

N.B. Cette analyse symbolique n’est pas contingente aux figures fictives. La Tripoutre des Penrose (Lien hors-site) et le Vase de Rubin pourraient subir la même interprétation malveillante, les fictives se contentent d’apporter une contribution originale à la représentation de l’Oedipe en y ajoutant la problématique du fantasme (fantasme incarné par la forme hallucinée sans contours et sans réalité matérielle de la figure fictive). D’autres figures ambiguës, qui ne font pas partie des fictives, peuvent encore supporter ce discours. Ainsi, le dessin ci-dessous ressort de la même structure plastique. Mais à la différence du croquis 11d, la lévitation du bloc central est due à une autre utilisation de la colinéarité. L’alignement plastique du sommet des trois blocs suffit en effet à donner l’illusion que le volume central est suspendu dans les airs. En cela, un alignement plastique permet l’économie d’une forme fictive, tout en conservant son caractère fantasmatique, puisque cette lévitation là paraît tout aussi irréelle qu’une figure fantôme.

Trio

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