Croquis14c

ANALYSE : "Croquis 14c"

Alors que les deux croquis précédents nous demandaient de croire à la fiction d’une forme fictive affichant le dessin d’une forme tridimensionnelle, cette image cherche à nous faire croire qu’une surface fictive peut porter dans les airs les lignes, les surfaces et la masse d’un volume.

Il est vrai que la bande fictive du Croquis 11a pouvait déjà apparaître comme portant deux blocs au-dessus du sol. Mais ici, la situation est plus complexe : un trapèze fictif orienté à la verticale est traversé par une poutre située sur un plan horizontal fuyant. Tout le problème consiste encore une fois à situer cette poutre, qui, au vu de son orientation, ne devrait pas reposer sur le trapèze fictif qu’elle n’en persiste pas moins à traverser. Si vous masquez en effet la moitié inférieure du croquis, l’arrière de la poutre semble fixé au bord supérieur du trapèze. Mais, si vous masquez ensuite la moitié supérieure du dessin, l’avant de la poutre déborde du trapèze pour venir se poser au sol à coté des deux grands blocs qui l’encerclent.

Comment notre cerveau en arrive-t-il à concilier ces deux orientations contradictoires ? Ce conflit donne naissance à une torsion : le trapèze vertical semble tout à la fois soulever l’arrière de la poutre dans les airs, tout en étant lui-même plaqué au sol ou découpé lorsque l’avant de celle-ci rejoint la base des deux volumes inférieurs.

Les alignements plastiques jouent ici un rôle essentiel. Tandis que l’alignement de la base arrière de la poutre avec le bord supérieur du trapèze les lie l’un à l’autre, l’alignement du sommet de la face avant de la poutre avec le bord inférieur du trapèze les dissocie. Ainsi, à cet endroit le trapèze semble disparaître et la complétion visuelle de son contour ne suffit plus à triompher de la réunion au sol des trois volumes dessinés.

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