Croquis15a

ANALYSE : "Croquis 15a"

Chirac semble poursuivre ce que le croquis précédent avait entamé. Pourtant, bien qu’une poutre déborde encore d’un trapèze fictif, le propos de cette image est tout autre. Après s’être demandé si une forme fictive pouvait porter une masse malgré son immatérialité, son orientation contraire et un débordement du volume dessiné, il s’agissait pour moi de savoir si l’on pouvait faire sortir une forme dessinée d’une figure fictive.

Nous avons déjà vu qu’une fictive pouvait très bien contenir une autre image (Croquis 14a, Croquis 14b), mais qu’allait-il se passer lorsque cette image incluse faisait mine de sortir du support fictif sur lequel elle semblait dessinée ? Chirac nous donne la réponse.

Je vois là une poutre qui surgit d’un trapèze fictif, le déborde, sort de son cadre. Cette poutre, dont la face arrière semble collée à la surface blanche, s’avance pourtant vers nous. Mais, nous constatons que la base longitudinale de la poutre ne forme pas un angle droit avec le support fictif et que cette poutre s’avance en suivant une direction oblique, tel le nez proéminent d’un Pinnochio corrézien.

Ainsi, c’est après avoir réalisé ce croquis que je vis, mimant la méthode paranoïaque-critique d’un célèbre catalan, apparaître le visage de Monsieur Chirac. Ce nez immense, qui semble s’allonger, m’évoquait la brillante carrière d’un maire parisien, remplie d’emploi fictifs, de frais de bouche, de marchés truqués et autres turpitudes consubstantielles à l’individu. Mais de ce personnage de boulevard parisien, de ce VRP de la promesse qui n’engage que celui qui l’écoute, ne restent ici que la roublardise, la faconde et la fausseté : un nez de menteur sur un masque de président qui n’existe que dans l’esprit de celui qui consent à prendre ses mensonges pour argent comptant. Pourtant, bien que prévenu, je perçois, moi aussi, ce visage, et l’histoire retiendra sans doute cette fiction plutôt que de s’attarder sur le nez bien réel.

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