Croquis15b

ANALYSE : "Croquis 15b"

Comme Chirac l’a fait avant lui, Vercingétorix essaye d’accorder de la matérialité aux figures fictives. Il s’agit de tester jusqu’où la perception humaine est capable d’aller dans sa croyance en la réalité matérielle d’une forme qui n’existe pas.

Cette fois, à la manière du Croquis 13b, nous avons une forme fictive située dans un plan horizontal. Mais, à la différence de ce même croquis, les angles supérieurs du trapèze fictif ne viennent pas reposer sur le sommet des blocs éloignés. Ce qui, apparemment, ne nous gêne en aucune manière pour attribuer la même orientation horizontale à ce nouveau trapèze, qui devrait, en bonne logique, tomber. Pire, cette instabilité là ne nous empêche pas d’accepter une fiction incroyable : le trapèze n’en porte pas moins en son centre une masse conséquente. La force des fictives est telle qu’elle nous interdit de voir, de constater et d’accepter les relations spatiales les plus simples. L’horizontalité du trapèze étant perçue, rien ne pourra apparemment plus la remettre en cause. Comme si nous devions, en voyant surgir une forme fictive, accepter une fois pour toutes un ensemble de caractéristiques plastiques. Ainsi, avec le contour de la forme perçue, nous acceptons la consistance et la solidité d’une surface, une orientation (parfois ambiguë, parfois intangible comme c’est le cas ici), et les relations spatiales qu’elle entretient avec les formes au tracé réel (parfois ambiguës, parfois intangibles comme c’est le cas ici).

Les deux croquis suivants attestent encore, en l’approfondissant, de la capacité des figures fictives à se faire passer pour des surfaces réelles, matérialisées à la surface de la feuille, en ce qu’elles possèdent les mêmes caractéristiques plastiques qu’une forme réellement dessinée.

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