Croquis1a

ANALYSE : "Croquis 1a"

On ne peut encore parler de figure fictive à propos de ce croquis. Trois morceaux de poutre sont peints sur les trois faces d'un cube. En fait, nous sommes ici dans l'anamorphose, en ce que les poutres n'apparaîtraient, comme telles, dans la réalité que si le cube était perçu sous cet angle unique et précis que le dessin nous donne à voir. En déplaçant le cube dans n'importe quelle direction, les trois morceaux de poutre révèleraient leur véritable nature : un assemblage de deux ou trois polygones irréguliers peints sur les différentes faces d'un même volume.
Pourtant, au-delà du miracle de l'anamorphose, s'ébauche une deuxième problématique visuelle : nous ne pouvons pas nous empêcher de complèter ces poutres, d'imaginer leur continuité en dehors du cube, sans pourtant être à même de leur attribuer une longueur précise. Cette image simple utilise un principe bien connu de la perception humaine : la colinéarité, qui veut que notre vision du monde tende à compléter ce qui lui semble inachevé. Il serait pourtant simple d'accepter ces surfaces peintes pour ce qu'elles sont : la représentation de chevrons sciés d'une manière telle que leur découpe, vue sous cet angle là, semble se poursuivre de manière rectiligne, tout en coïncidant de manière parfaite avec les arêtes du cube auquel ces mêmes poutres sont censées être accolées. Cette situation, pour exceptionnelle qu'elle soit, n'est pas pour autant aberrante. Pour preuve, et nous finirons la-dessus ce premier discours, il serait tout à fait possible de scier trois chevrons bien réels et de les coller sur un cube pour que toutes les coïncidences que nous venons de décrire se retrouvent enfin dans la réalité.

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