Croquis1b

ANALYSE : "Croquis 1b"

Tout en poursuivant le travail de sape de notre perception de l’image, ce second croquis cherche encore à mettre au jour nos automatismes visuels. Nous ne reviendrons pas sur les trois découpes de chevrons peintes à la surface du parallépipède, qui se contentent de reproduire ce qui a déjà été pensé, recherché et dessiné dans la figure précédente (Croquis 1a).
Mais, nous avons maintenant trois chevrons supplémentaires, apparemment tridimensionnels, tous en partie masqués par le volume central. Leur présence facilite la poursuite, au-delà de la surface sur laquelle ils sont censés être peints, des trois chevrons plats. En effet, si trois poutres peuvent se continuer derrière un volume, sans que nous y trouvions à redire, pourquoi n’en serait-il pas de même pour trois chevrons qui passent en son avant ? Il est vrai que le réel nous a depuis bien longtemps appris que si une masse pouvait masquer le volume qu’elle recouvre, cette même masse ne pouvait prétendre recouvrir un volume qui la masque. Pourtant, une ultime hypothèse spatiale peut nous permettre de justifier cet injustifiable là. Quel élément pourrait bien s’avancer pour venir recouvrir et découper les trois chevrons peints dès qu’ils sortent des faces du parallélipède, si ce n’est le fond blanc, le papier sur lequel reposent toutes ces traces ? Rétrospectivement, le contour du cube du croquis 1a peut être compris comme une fenêtre découpée dans une feuille, qui laisserait apparaître en son arrière un cube sur lequel trois chevrons posés, collés ou cloués, seraient ainsi en partie masqués à notre vue.

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