Croquis8c

ANALYSE : "Croquis 8c"

Bien qu’elle ait fait l’objet d’un dessin, la Bande n’apporte rien à la théorie perceptive des figures fictives. L’enjeu est ici presque purement plastique, qui voit une forme onduler, se déployer et parcourir l’espace en passant devant des volumes de différentes formes. Le fantôme d’une grande diagonale réunit, grâce à son parcours, le disparate, l’individuel, le solitaire.

Ce trajet a pourtant quelque chose de troublant. En débutant son parcours oblique dans la profondeur du dessin, cette forme fictive commence par enjamber deux volumes situés dans un plan frontal. Lorsqu’elle est reconnue, cette situation nous rend subitement indécis quant à la position spatiale de cette bande. Il faudrait en effet qu’elle soit située bien en avant de la pyramide (qu’elle paraît pourtant effleurer), pour qu’elle puisse enjamber sans se tordre le parallélipède voisin.

Ainsi, le fait plastique nous fait revenir au réel et nous demande d’abandonner nos récits imaginaires. Pourtant, un nouveau récit pourrait surgir de ce retour à l’image dessinée. Nous pourrions voir ce parallélipède comme un intrus, celui qui dévie et tord le trajet d’une bande qu’il semble superbement ignorer, bande qui lui rend bien, en ce qu’elle n’en poursuit pas moins son parcours, indifférente à l’obstacle qu’il s’était cru pouvoir incarner.

RETOUR AU CARNET