InvisibleInk
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Il n'y aurait pas grand chose à dire de ce logotype qui se contente de faire surgir un mot de taches d'encre dessinées. Car nous n'avons ici que très peu de contours fictifs. Seul le tracé du milieu des verticales et des obliques est laissé à la charge du cerveau du spectateur. Ainsi, environ un tiers seulement des contours (qui plus est les plus faciles) est à compléter par notre système perceptif.

Pourtant deux détails vont nous retenir. Le premier se contente d'entretenir un rapport sémantique avec les figures fictives. Car, ce travail fait preuve d'une belle cohérence, qui associe les contours fictifs, parfois même appelés fantômes, à un produit décrit comme étant invisible. L'autre détail nous ramène à la théorie. Nous avons là trois plans. Le premier est constitué du mot "invisible" qui semble survoler les lettres du mot "ink", surgissant lui-même des taches situées à l'arrière-plan. Nous avons une nouvelle preuve de la matérialité des surfaces fictives pour le cerveau humain. Le système perceptif subit la loi de la complétion amodale au point de considérer ces surfaces fantômes comme des plans réels, étant à même de supporter des surfaces réelles. Les deux croquis, repris aux carnets, montrent, eux aussi à leur manière, la prégnance de ces constructions mentales totalement illusoires.

Voir l'analyse du Croquis 14c du carnet 1998-2002, à gauche.
Voir l'analyse du
Croquis 22a du carnet 1998-2002, à droite.

Croquis14cCroquis22a

 

ENTREPRISE : Invisible Ink
GRAPHISME : Eric Rickabaugh, 1998.

 


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