Fraseworks
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Cherchez bien, observez, regardez, il y a là une lettre, renversée, couchée sur le dos ou tombée en arrière, entortillée dans une spirale, qui repose sous vos yeux n'attendant que votre regard. Cette nouvelle lettre est, il est vrai, plus compliquée que le V étudié précédemment. Alors que seule la face avant du V à contre-jour était matérialisée par une surface noire, nous avons maintenant un éclairage en contre-plongée, qui, tout en reléguant deux faces du volume dans l'ombre, laisse les deux autres en pleine lumière. La matérialisation de deux plans orthogonaux devrait, en principe, faciliter la reconstruction de la lettre. Mais, celle-ci étant d'une part plus complexe qu'un simple V, et d'autre part dessinée en position couchée, beaucoup ne verront là qu'un imbroglio de blocs et de courbes, de noirs et de blancs.
Comment arrivons-nous à percevoir le F ? Tout d'abord la spirale n'est pas inutile, car si celle-ci exprime sans doute une des valeurs de l'entreprise commanditaire, elle n'en aide pas moins à la reconnaissance des contours du volume. Car, sans elle, les faces éclairées des blocs inférieurs se perdraient dans le blanc du papier. Grâce à la perte momentanée du tracé des deux boucles inférieures, nous imaginons leur recouvrement par la surface fictive mais supposée éclairée du F. Cette hypothèse de recouvrement, qui nous indique la profondeur de la base, nous permet, en un second temps, d'attribuer la même profondeur à la partie supérieure du F dépourvue de tout indice, les boucles passant là en avant de la lettre.
Mais, si la spirale facilite la lecture fictive du F, elle n'en pose pas moins problème. Cette fois ce ne sont plus tellement les "blancs" qui sont concernés que les "noirs". Le trajet de la spirale est tel que ses deux lignes supérieures survolent les noirs de la lettre. Pour éviter un amalgame préjudiciable, le concepteur du logo a adjoint un filet blanc à sa spirale afin qu'elle ne se confonde pas avec le noir de la lettre. Comme vous pouvez le constater dans le croquis, ci-dessous à gauche, nous risquions d'obtenir un fil entortillé écrasé par une masse noire devenue illisible. Mais le plus surprenant est que nous arrivons à faire la part de choses indissociables : dans la partie supérieure, nous distinguons, par deux fois, le blanc du filet du blanc de la lettre. Cela ne devrait pas être ! Car le graphiste n'a pas mordu sur le noir de la spirale pour dessiner son filet blanc, mais l'a ajouté. Ainsi, seuls les deux endroits précités laissent à penser à une spirale éclairée, à l'épaisseur doublée, alors que le reste de son tracé nous semble d'un noir mat, uniforme et sans éclairage. Il semble bien que notre cerveau ne soit guère enclin à prolonger cet éclairage tout au long du trajet de la spirale. Ce qui semble logique vu la longueur du tracé et la faible quantité d'indices fournis. Mais comment peut-il s'accommoder du doublement momentané et brutal de son épaisseur ?

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Enfin, reste à savoir la raison pour laquelle nous avons un blanc entre les deux tracés inférieurs de la spirale et la barre couchée du F. Comme je renonce à comprendre cet ultime artifice, je vous laisserai seuls juges en proposant, ci-dessus à droite, le logotype modifié.

 

ENTREPRISE : Fraseworks
GRAPHISME :
David Conover

 


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